Il faut aujourd'hui peu de choses pour se retrouver à la rue, pour devenir sans domicile fixe. Le chomage,les divorces, l'indifference des familles, des patrons plongent souvent les gens dans des situations désespérées. Et si demain cela nous arrivait ? Comment réagirions-nous ?
Elle était assise sur un banc, fouettée, par le vent froid qui circulait, dans l'abri de bus, indifférente aux passants, qui la regardaient avec effarement, se grattant le corps furieusement.
Quel âge pouvait-elle bien avoir ? Difficile à dire. Son visage était caché par un fichu de coton sale. Elle ressemblait à une vieille femme. Les véhicules passaient devant elle mais elle détournait, son regard, comme si elle craignait, pudiquement, d'être reconnue par quelques connaissances oubliées depuis longtemps.
Tout son corps paraissait épuisé par les privations, à vivre dehors, à affronter les intempéries. Sa vie était devenue, de plus en plus, difficile. Elle ne possédait plus rien, ayant tout perdu.
Que s'était-il passé pour qu'elle se retrouve ainsi à la rue ? Pourquoi les services sociaux n'étaient-ils pas intervenus plus rapidement, pour éviter ce nouveau drame de la misère?
Une chose était sure: en cette veille de Nouvel An, je découvrais une femme, sans âge, assise dans le coin d'un abri bus, l'air transi de froid, alors qu'une tempête de neige s'annonçait sur ma région.
Elle avait accumulé, autour d'elle, quelques sacs en plastique, dans lesquels, elle avait enfouis ses derniers trésors, des souvenirs auxquels elle se raccrochait, désespérément, comme pour se prouver qu'elle avait, un jour, vraiment existé. Avait-elle été jolie? mariée? Avait-elle encore une famille? des enfants ? Il était évident que personne ne se rappelait plus d'elle, aujourd'hui. Et c'est bien cette indifférence qui me paraissait terrifiante.
Coincée dans la circulation, j'ai poursuivi mon chemin, la gorge serrée, au fond de mon esprit, la détresse de cette femme et l'indifférence avec laquelle les gens passaient, devant elle, en cette veille de Nouvel An.
Ce matin, en découvrant la neige, je me suis interrogée, sur cette inconnue. Avait-elle réussi à trouver un abri dans lequel se réchauffer? Elle demeure une anonyme, comme tous ces milliers de sans domicile fixes, devenus des êtres sans noms, que l'on ne voit plus, sans imaginer qu'un jour, cela puisse nous arriver.
Il faut si peu, pour faire partie de ces exclus, aujourd'hui. Le chômage plonge de plus en plus de gens dans l'exclusion. Ils étaient 8OO OOO en 2004, à devoir mendier un RMI ou une allocation de solidarité.Ils sont mis au rebus de notre société. Comment vont-ils survivre?
Alors que les entreprises continuent leur course au profit, s'installant à l'étranger ou se créent des sieges sociaux fictifs, pour récupérer la TVA indument, des milliers de gens se retrouvent à la rue, perdus dans une paperasserie incompréhensible, ne sachant plus vers qui se tourner ou trop fiers pour avouer leurs difficultés et demander de l'aide.
L'hiver 2OO5 est arrivé à son tour, avec sa cohorte silencieuse d'exclus, comme des ombres anonymes, qui poursuivent notre conscience, nous forçant à nous interroger.
Avons-nous vraiment tout fait pour les aider ? N'est-ce pas la question à nous poser, aujourd'hui quand on voit que ce sont des millions d'euros que le Gouvernement donne (900millions d'euros)pour adoucir cette misère ? La misère n'est pas que dans les autres pays, hors denos frontières. Elle est bien installée chez nous, aujourd'hui et s'y plait !
Les associations comme l'armee du salut, le secours populaire, le secours catholique ne cessent de le dire ! Chaque année,le lot de gens dans la misère necesse de s'agrandir !
Et si demain, cela nous arrivait d'être un Sans domicile fixe, comme on les nomme, pudiquement, aujourd'hui ? Combien reste sans nouvelles des leurs sans que leur conscience ne les dérange...
par Erotica51 (01/05/2006) - 635 mots
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