L'adolescence est une période où le comportement change ; c'est l'âge de la recherche d'identité, des problèmes de communication avec les parents, des révoltes : comment alors peut-on deviner si son fils ou sa fille se drogue ?

Mon enfant se drogue-t-il ?


L'adolescence est une période où le comportement change ; c'est l'âge de la recherche d'identité, des problèmes de communication avec les parents, des révoltes : comment alors peut-on deviner si son fils ou sa fille se drogue ?

Il est vrai qu'il faut être très attentif et se poser la question quand on sait que si de nombreux jeunes avouent avoir au moins essayé une fois de fumer un joint entre 12 et 16 ans, puis s'être arrêtés là, il ne faut pas oublier que 20% d'entre eux vont plus loin. Les dernières statistiques montrent que ce sont les élèves français de 16 ans qui viennent en tête sur 36 pays européens et 10% des garçons ajoutent l'alcool aux joints.

Ce qui peut n'être au départ qu'une pratique initiatique ou intégrative peut déraper, soit que l'adolescent se trouve dans une conjoncture particulière qui le rende plus vulnérable, soit que des facteurs structurels existent au départ et se révèlent à ce moment-là; d'autre part personne ne peut savoir à l'avance si quelqu'un par sa constitution physique ne va pas se révéler plus sensible qu'un autre aux effets nocifs du cannabis. Il faut donc sans tomber dans la paranoïa être conscient que notre enfant si bien élevé soit-il peut très bien se laisser entraîner dans l'escalade qui conduit à d'autres drogues de plus en plus pernicieuses. D'autant plus que la majeure partie des gens, adultes ou jeunes, méconnaissent les risques liés au cannabis et ne sont pas capables de les évaluer. En outre beaucoup s'illusionnent encore sur la distinction perverse entre drogues dures et drogues soi-disant " douces".

Si votre adolescent ne vous parle plus, s'enferme dans sa chambre : ne vous alarmez pas tout de suite. Pour se poser des questions il faut qu'il y ait tout un faisceau de signes qui apparaissent progressivement, un seul n'est pas significatif.

Quels peuvent être ces signes ?

- Les changements de comportements vis-à-vis de la famille, de l'école et des amis, par exemple changement d'amis sans raison apparente de conflit.

- Désir de s'isoler, indifférence à l'égard de la vie, appartenance à des groupes isolés.

- Absences répétées à l'école ou dans les loisirs habituellement pratiqués (fugues éventuellement).

- Hypersensibilité et nervosité inhabituelle : accès de rires et de pleurs fréquents sans cause réelle, air distrait ou songeur ou au contraire agressivité verbale.

- Somnolence durant le jour, yeux rouges, pupilles dilatées, port de lunettes de soleil à l'intérieur et même le soir pour cacher les yeux.

- Détérioration de l'apparence extérieure et de l'hygiène corporelle.

- Besoin d'argent emprunté ou volé aux parents.

- Odeurs particulières dans la chambre, apparition de papier à cigarettes et de carton pour faire le joint.

- Troubles de l'appétit, de la prononciation, de la coordination.

- Mauvaise appréciation des objets, de la distance, de la vitesse.

Que faire? Essayer de dialoguer : la toxicomanie n'est pas un sujet tabou ni une maladie honteuse. Si le dialogue est refusé ou manipulé par l'adolescent sachez qu'une analyse de salive ou d'urine lèvera tous les doutes : elles sont fiables à 99%. Il ne faut pas dramatiser, mais il ne faut pas non plus se dire que ce n'est pas très grave et que cela passera. Le jeune est en danger et il va falloir lui montrer qu'on a la volonté de l'aider non pour le punir mais pour le protéger des menaces que le cannabis fait peser sur son avenir. Il va falloir lui expliquer clairement les dangers de l'usage du cannabis une fois passée la sensation première d'ivresse et le risque quasi mécanique d'escalade vers d'autres drogues.

Le caractère convivial et festif des premières prises se transforme trop souvent en solitude et en exclusion et cela, ne l'oublions pas, sans aucun signe annonciateur. Mais pour cela encore faut-il être soi-même lucide et conscient de ces effets pernicieux. D'autre part comme la volonté de l'adolescent est plus ou moins atteinte, une volonté adjointe d'une ou deux personnes va lui être nécessaire pour réussir à s'arrêter. Il ne faut pas, si cela vous arrive, hésiter à vous faire aider plutôt que de vous mettre à culpabiliser : aucun test ni biologique, ni neurologique, ni psychologique ne permet de détecter les adolescents à risques. Et pourtant, malheureusement, malgré l'amour et le dialogue, 50 % passent au stade suivant !


par Marie-Christine PFAFF (11/05/2006) - 748 mots
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